Buste d’Elio Di Rupo, président de la Wallonie et ancien Premier ministre belge

Buste d’Elio Di Rupo, président de la Wallonie et ancien Premier ministre belge

La Belgique a une tradition particulière, celle de laisser une trace de tous les Premiers ministres en faisant appel à un sculpteur. De ce fait, elle octroie à l’art une place importante dans la transmission de la mémoire, comme l’humanité l’a fait depuis la nuit des temps.

Inutile de dire que pour nous c’est un immense honneur de participer à cette tradition par la réalisation du buste d’Elio Di Rupo, et d’incarner ainsi l’essence d’un homme qui croit fermement à l’émancipation des êtres humains.

L’ancien Premier ministre est un fervent défenseur de l’Europe ; nous avons donc été invités en tant qu’artistes européens.

Pour un sculpteur, il est toujours très important de travailler d’après son modèle en direct. Nous avons eu la chance de compter deux fois sur la présence de Monsieur Di Rupo à notre atelier, une première fois pour que je puisse réaliser les volumes, la pose, et l’ébauche de ses traits, et une deuxième fois pour la finition, afin de capter les nuances de son expression. Nous le remercions pour sa confiance dans notre travail créatif et pour son effort de venir à Muret, ce qui nous a permis de mieux le connaître et de passer un bon moment avec lui, autour d’un repas confectionné par nous-mêmes, accompagné d’un vin de notre caviste Laurent (Ma Petite Cave).

© Inge Verhelst / La Chambre (Parlement belge) (les 8 images ci-dessous)

Je parle toujours au nom de Juliette et moi, car comme l’a très bien dit la Présidente de la Chambre des représentants, Mme Eliane Tillieux, nous formons un ensemble : « Notre gratitude va dès lors au tandem que forment Gérard Lartigue et sa compagne Juliette Marne. A deux, ils ont parfaitement mené à bien le projet… », a-t-elle indiqué dans son discours avant de dévoiler l’œuvre. Je tiens à mon tour à remercier Mme Eliane Tillieux pour son chaleureux accueil, pour ses mots de reconnaissance, et pour l’importance qu’elle réserve à l’art dans le domaine de la vie politique.

Je dois raconter une petite anecdote à propos de mon discours :

La veille j’avais préparé quelques lignes pour parler du buste. J’avais mis au centre de mon discours une description de l’œuvre que nous avions partagée avec le parlement belge dans nos échanges par mail. Quelques minutes avant mon intervention, la Présidente s’est dirigée à moi après avoir parlé longtemps de l’ancien Premier ministre, de sa vie difficile et de ses succès à force de constance et d’effort, et elle m’a présenté avec des mots élogieux et… elle a eu l’amabilité de citer mes mots, les mots que je m’apprêtais à inclure dans mon micro-discours. J’étais à la fois flatté de constater la place que la Présidente donne aux artistes, et paniqué de savoir que j’allais devoir improviser. Mon cerveau était devenu un espace vide. Je me voyais déjà devant l’assemblée (c’est le cas de le dire), complètement tétanisé, cauchemar typique, celui de se trouver devant un public sans savoir pourquoi. Il paraît que je m’en suis sorti à peu près. Les gens ont dû se dire que je parle mieux avec mes mains (comme l’a dit, d’ailleurs, Mme Eliane Tillieux) et que mon discours n’était qu’un simple geste pour remercier les personnes présentes. 

Voici l’extrait cité par la Présidente de la chambre :

« Elio Di Rupo est venu poser deux fois à Muret. Cela a permis aux deux hommes d’établir une relation plus approfondie et à l’artiste de le capter en tant qu’être humain, avec empathie, acuité et émotion. Voici ce que l’artiste dit de ce buste :

Le modèle est droit, mais pas rigide. Son expression est détendue avec un brin d’amusement, car on apprécie aujourd’hui une politique accessible, dynamique, qui se prête à l’empathie. Les lunettes ne posent aucun obstacle entre le spectateur et l’œuvre : elles sont à peine suggérées. De cette façon, son regard est plus direct. L’idée de la main dans cette posture est de montrer un geste de générosité, dans un mouvement de don de soi-même, tout en essayant de garder une espèce d’exemplarité dans l’honnêteté et l’écoute. Au fond, nous cherchons à donner de la politique l’image d’une force exemplaire et de grand engagement. L’autorité doit reprendre sa place, dans une nouvelle relation avec la société, teintée de franchise, de spontanéité et d’une certaine légèreté, tout en gardant le sens de la détermination nécessaire pour prendre de grandes décisions.

Depuis le modèle en terre glaise, en passant par le modèle en cire et finalement l’œuvre en bronze, réalisée à la fonderie des Cyclopes à Mérignac, la commission d’accompagnement de la Chambre, composée de Mmes Lanjri et Jadin, n’a pu que se féliciter de la réussite de chacune des étapes de la réalisation de ce buste. Tout était juste du premier coup. »

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo de l’inauguration :

Avant l’inauguration, nous avons parcouru de nombreux couloirs habités par des dizaines de bustes des personnages qui ont eu un rôle important dans l’histoire de la Belgique.

J’utilise le mot « habités » dans tous les sens du terme : les œuvres que Mme Sophie Wittemans nous a fait découvrir nous ont surpris par une qualité artistique rare, celle de la « présence ». La grande connaissance, accompagnée de simplicité et de générosité, de la Conservatrice du Palais de la Nation, nous a donné une vision générale de la collection d’art du parlement belge. L’œuvre des sculpteurs, parmi lesquels on trouve Égide Rombaux, Godefroid Devreese, Arthur Dupagne et même le Français François Rude, qui a réalisé le buste de Guillaume Ier, et des peintres (j’ai admiré en particulier un petit tableau de James Ensor, peintre qui a inspiré, soi dit en passant, feu le chanteur Arno, né à Ostende comme lui – je parlerai dans un autre article de notre soirée à la Grand Place de Bruxelles partageant avec les gens un concert du chanteur qui venait de partir), l’œuvre donc des sculpteurs et des peintres donne vie à ces espaces chargés de mémoire.

La vie est une série d’enchaînements étranges et inattendus : un jour nous recevons la commande du buste de l’ancien recteur de l’Université de Mons, Jacques Franeau, par son petit-fils, Gaspard Franeau. Lors du vernissage en 2018, Monsieur Di Rupo, en tant que bourgmestre de Mons, fait un discours où il décrit l’influence bénéfique que l’ancien professeur de physique a eue dans sa vie. Son soutien lui a permis d’avancer dans ses projets politiques. Quelques années plus tard, c’est au tour de l’ancien Premier ministre d’offrir ses traits, son expression, son regard comme inspiration pour les générations à venir. La réalisation de cette œuvre nous offre déjà des chemins riches d’un point de vue humain, par les rencontres, par la découverte d’une partie de la vie politique belge, par la participation, même si ce n’est qu’un grain de sable, à la création du patrimoine européen.

Séances de pose de l’ancien Premier ministre à notre atelier à Muret, au sud de Toulouse. Deux séances ont été nécessaires pour mieux appréhender la personnalité originale de Monsieur Di Rupo. Serein et élégant, il surprend par sa culture et son énergie, et par des mouvements de joie se superposant par instants à une fine discrétion

Salon des Artistes Français

Salon des Artistes Français

Nous participons au Salon des artistes français au Grand Palais Éphémère (en face de la Tour Eiffel) du 16 au 20 février. Evidemment nous serions ravis de voir les personnes que nous connaissons à cette occasion, mais ce genre d’invitation ne marche pas en général : peu d’entre vous risquent de se trouver à Paris à ce moment-là, ceux qui nous connaissent ont déjà vu notre oeuvre à l’atelier, et comme il ne s’agit pas d’une exposition individuelle, l’intérêt de ne voir que trois bustes même pas récents est limité.

Cette invitation est donc plutôt un motif de garder le contact avec vous, de partager nos activités artistiques, et , quand même, c’est aussi une bouteille lancée à la mer qui pourrait provoquer une nouvelle rencontre avec des passionnés de l’art.

J’écris ces mots dans un train de retour de Paris. Nous passons à grande vitesse (d’où le sigle TGV) d’un ciel bleu limpide à des paysages immergés dans le brouillard, pour ensuite nous retrouver de nouveau sous le soleil. Il me semble que pour le reste des passagers le paysage n’est qu’une toile de fond de leur univers sécurisant technologique à l’intérieur du train. Même la dame en face de nous, une dame qui me fait penser à ma grand-mère, est plongée dans son smartphone, indifférente au monde extérieur flouté par la vitesse.

Journée atelier portes ouvertes

Journée atelier portes ouvertes

Joie, force et volonté

Nous ouvrons les portes de notre atelier pour partager avec vous une œuvre exceptionnelle. Neuf mois de travail intense ont fait surgir une présence dans un bloc de marbre de Carrare de 1,2 tonne.
Dylan est parti trop tôt, à l’été 2020. L’essence du jeune homme était liée au dépassement. Il avait fait sienne la citation de Clemenceau : « Il n’y a qu’une façon d’échouer, c’est d’abandonner avant d’avoir réussi. »
Cette œuvre monumentale, mais à taille humaine, est en écho à sa vie. Dans le regard de Dylan sculpté par Gérard se lit le pouvoir de dépassement de l’art.
Nous voulons partager avec vous cette œuvre (en extérieur), juste avant qu’elle ne parte pour son emplacement définitif à Marseille. Elle sera accompagnée d’un ange en bronze : son mouvement ne dit pas s’il vient de se poser ou s’il est prêt à décoller…
La famille de Dylan nous fera l’honneur de sa présence.

 

 

Titres des œuvres : Joie, force et volonté (marbre – 1,80 mètre) et L’Ange Dylan (bronze patiné – 70 cm).

Samedi 19 juin, de 14 heures à 19 heures
Atelier La Briqueterie (dernière porte du hangar à gauche)
54, avenue d’Ox
31600 Muret
Tél. : 06 67 16 63 17

L’ADN d’Emile Zola

L’ADN d’Emile Zola

Ce soir nous avons eu le plaisir de rencontrer Brigitte Émile-Zola, l’arrière-petite-fille de l’écrivain. Elle est venue présenter les livres où sont publiées les lettres que Zola a écrites à Jeanne Rozerot, la femme qu’il aimait, mère de ses deux enfants, et à son épouse Alexandrine, à l’époque de l’affaire Dreyfus. Plaisir parce que la vie de cet auteur dont j’ai toujours admiré le courage à défendre une cause difficile et dangereuse (ce qui semble l’avoir tué à la fin), à une époque où il aurait été plus facile de simplement laisser faire comme la plupart des gens, la vie donc de cet auteur si important dans l’histoire de la littérature, ou simplement dans l’Histoire tout court, est devenue plus proche, plus réelle. Le fait que son fils, Jacques Émile-Zola, soit l’homme qui a élevé la femme avec qui nous avons discuté, ramène dans le présent et dans notre univers actuel l’auteur qui jusqu’à hier était pour moi un personnage historique enfermé dans les livres.

 

 

J’ai réalisé le buste d’Émile Zola, destiné à faire partie de la collection du musée Zola, qui ouvrira en 2021. Notre époque a besoin de ce courage. Et d’une nouvelle confiance dans nos institutions.

Les deux ouvrages épistolaires ont été établis par Brigitte Émile-Zola et Alain Pagès, professeur de littérature à l’université de la Sorbonne-Nouvelle, et auteur de plusieurs ouvrages sur le grand écrivain.

La rencontre était organisée par le Prix du jeune Ecrivain.

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