Cire perdue (bientôt)

Cire perdue (bientôt)

On part très tôt vers Blan avec notre chienne et une bouteille Thermos bien remplie de café. Le passage à la boulangerie est obligé : quatre croissants. Pour échapper aux bouchons aux heures de pointe, nous empruntons de petites routes qui passent par les coteaux. Le brouillard forme un océan doux et fantasmagorique. Au loin un château d’eau flotte comme un phare. Les couleurs sont opaques. Les sons, calfeutrés. On s’arrête pour boire notre café en plein brouillard. Le soleil arrive lentement. Une heure et demie de trajet nous permet de nous extasier devant des paysages majestueux.

À la fonderie, Alberto Giacometti nous attend. Il est en cire pour l’instant. Léger. À sa gauche il y a le « master« , la pièce originale en terre cuite, marquée par les restes d’élastomère. Parfois, quand le moule est retiré, la sculpture originale souffre quelques dégâts. Cette fois le master est en bon état. Il lui faut juste un nettoyage et il sera tout neuf. Dans ce cas, le terme est adequat : Giacometti était un vrai maître.

Je retouche la pièce avec de la cire rouge.  Cela permet de voir les endroits déjà « réparés ». Giacometti m’observe avec empathie. Il connaît les difficultés du métier.

L’ADN d’Emile Zola

L’ADN d’Emile Zola

Ce soir nous avons eu le plaisir de rencontrer Brigitte Émile-Zola, l’arrière-petite-fille de l’écrivain. Elle est venue présenter les livres où sont publiées les lettres que Zola a écrites à Jeanne Rozerot, la femme qu’il aimait, mère de ses deux enfants, et à son épouse Alexandrine, à l’époque de l’affaire Dreyfus. Plaisir parce que la vie de cet auteur dont j’ai toujours admiré le courage à défendre une cause difficile et dangereuse (ce qui semble l’avoir tué à la fin), à une époque où il aurait été plus facile de simplement laisser faire comme la plupart des gens, la vie donc de cet auteur si important dans l’histoire de la littérature, ou simplement dans l’Histoire tout court, est devenue plus proche, plus réelle. Le fait que son fils, Jacques Émile-Zola, soit l’homme qui a élevé la femme avec qui nous avons discuté, ramène dans le présent et dans notre univers actuel l’auteur qui jusqu’à hier était pour moi un personnage historique enfermé dans les livres.

 

 

J’ai réalisé le buste d’Émile Zola, destiné à faire partie de la collection du musée Zola, qui ouvrira en 2021. Notre époque a besoin de ce courage. Et d’une nouvelle confiance dans nos institutions.

Les deux ouvrages épistolaires ont été établis par Brigitte Émile-Zola et Alain Pagès, professeur de littérature à l’université de la Sorbonne-Nouvelle, et auteur de plusieurs ouvrages sur le grand écrivain.

La rencontre était organisée par le Prix du jeune Ecrivain.

Les nuages s’en vont toujours

Les nuages s’en vont toujours

Parfois quelqu’un qui passe à l’atelier peut apporter un message d’encouragement sincère, souvent de façon involontaire. On peut se trouver dans un moment de stress par rapport à la difficulté de trouver un chemin artistique plus précis, ou plus accessible, et un sourire ou une phrase, ou tout simplement le lueur d’un regard devant une sculpture  change la couleur du jour. Le ciel gris et lourd s’éloigne et tout se remet en marche.

Les artistes, même s’ils essayent de ne pas dépendre de l’avis du public, ont besoin parfois de trouver un reflet de leur intention (peu importe comment on appelle ce qu’ils cherchent à mettre dans leur travail), de trouver donc un reflet de leur intention dans la réaction des personnes qui regardent leurs oeuvres.

Ce matin c’était le cas. J’ai montré à une personne que j’apprécie le buste de l’Abbé Pierre. Le regard inerte de la sculpture a croisé celui de mon invité pendant une microseconde, comme s’il prenait vie.  On a discuté de ce blog et d’autres activités récentes dans l’atelier.

L’automne m’a semblé tout à coup une saison idéale pour créer.

25 OCTOBRE 2016

 

 

Une amie me rend visite

Une amie me rend visite

Une amie de l’époque où j’étais peintre me rend visite à mon atelier. On ne s’était pas vus depuis au moins cinq ans, je crois. Je ne suis pas sûr… ma conception du temps est assez défaillante… Elle et son mari, un ami aussi, apprécient ma peinture. Leur maison a une collection importante de mes toiles. Cette fois je lui montre mes oeuvres en trois dimensions et je réalise son portrait en argile.

Etude d’un visage aux yeux légèrement nostalgiques… La différence de la sculpture ou de la peinture sur la photo est ce long moment de pose nécessaire, qui permet à la personne de laisser entrer tout son univers, ses pensées, ses émotions, ses peurs…, tandis que la photo travaille sur l’instant.

Volume intéressant grâce à la masse des cheveux. Mouvement chaotique des mèches en contraste avec une expression contrôlée, douce et sereine.

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