La Faille

Notez cette date, 25 juin 2026. Dans notre atelier au cadre insolite (paradisiaque pour nous), au milieu de sculptures en marbre au regard lithique, nous allons vous conter l’histoire de La Faille

Laurent, le caviste dionysiaque de Muret, nous a proposé d’assembler nous-mêmes un vin : « Gérard, c’est toi qui vas décider de la proportion des cépages. Nous ferons l’étiquette ensemble, avec un poème de Juliette, et nous présenterons ce vin dans une soirée historique. » 

À Pézenas, un couple de vignerons nous a accueillis avec une générosité rare. Nous pensions avoir créé un simple vin rouge, de bonne qualité, car issu de vignes anciennes, cultivées avec rigueur et respect des techniques naturelles dans un endroit bucolique au climat idéal, mais, après quelques mois d’attente, nous l’avons goûté et il dépasse largement nos expectatives.

Tout a commencé lors d’une soirée où Laurent nous avait fait goûter ses vins, comme toujours, accordés à des mets délicieux. L’ambiance avait atteint une harmonie spéciale qui nous a incités à raconter les grandes lignes de mon histoire familiale. Nous étions à l’époque en train de la découvrir en même temps que nous réalisions un monument en hommage à Auguste Lartigue, maire de Saint-Paul-lès-Dax au début du XXe siècle. 

Le cheminement suivi pour bien connaître l’histoire d’Auguste a infusé l’essence même de notre vin. Pendant des mois nous nous sommes laissés voyager dans le passé, nous avons ouvert des secrets, et à la fin, nous avons réussi à réunir trois branches de la famille Lartigue. 

Nous avons emporté tout cela avec nous pour vivre l’expérience de l’assemblage (le mot tombe bien) avec une belle équipe : des vignerons, un caviste, une poétesse, un sculpteur et un graphiste, unis pour trouver la formule magique, et cela a fonctionné ! 

Nous avons goûté cinq cépages différents. Les vignerons nous ont demandé quelles proportions nous sembleraient idéales. Curieusement la réponse me semblait évidente. Elle venait de l’ambiance, ou du passé, ou de nulle part… Ma raison me chuchotait : « N’importe quoi ! Tu ne t’y connais pas. » J’ai décidé d’écouter plutôt les conseils de mon inconscient : 70% de Mourvèdre, 20% de Grenache et 10% de Carignan. Le résultat nous a plu. On a testé d’autres mélanges, pour, à la fin, revenir à ce ratio. Nos amis vignerons ont refait la formule pour confirmer le choix, mais à la surprise générale, le goût qui nous avait séduits s’était évanoui. Heureusement, on s’est rendu compte qu’il y avait eu une erreur dans le mélange. Une fois les proportions rétablies, le goût était bien là. 

« Un œnologue d’un bon restaurant toulousain a trouvé dans notre jeune vin la subtilité et la complexité (avec des arômes de truffe mélangés à la fraîcheur des fruits) d’un Châteauneuf-du-Pape », nous a dit Laurent enthousiaste un samedi matin à Ma Petite Cave, en face de l’église Saint-Jacques. Curieusement, la première fois qu’un vin m’avait fait sentir la magie de cette substance des dieux, c’était un Beaucastel, apporté par un ami à mon ancien atelier de peinture à Toulouse, quand j’étais peintre. 

La Faille, d’après notre caviste, peut se garder de 6 à 8 ans. 

Ce vin parle de la faille dans une famille, de la faille qui provoque sur les générations postérieures des mémoires incomplètes, cassées, diffuses. Le passé est toujours là, dans les fissures du présent. Il ne se montre pas ; il se glisse comme un lézard dans un mur lézardé. Il est la lézarde d’un texte ; il apparaît par hasard dans l’angle aveugle d’une conversation. La Poétesse, par ses mots, touche le pouvoir du vin, à la fois source d’oubli et de mémoire. Vous trouverez son poème sur l’étiquette, où le buste d’Auguste Lartigue que nous avons installé à Saint Paul-les-Dax témoigne du temps où les deux frères ouvraient la faille

Comme il s’agit d’une expérience personnelle, la cuvée est limitée à une centaine de bouteilles. Nous vous proposons de réserver vos bouteilles directement sur notre téléphone au 06 67 16 63 17 ou par mail à artiste@art-france.fr.

Et voici le programme de la soirée du 25 juin :
Dégustation commentée de La Faille, accompagnée de mets accordés pour sublimer ses arômes de truffe et de fruits frais.
Rencontre avec Laurent (caviste), Gérard (sculpteur), Juliette (poétesse) pour échanger sur cette expérience.
Exposition éphémère : Sculptures de Gérard et livres de Juliette.

Jeudi 25 juin 2026 | 18h-21h

Atelier de la Briqueterie – 54, avenue d’Ox, 31600 Muret

Réservation indispensable
📞 06 67 16 63 17
✉ artiste@art-france.fr

5 réponses

  1. Avatar de Béatrice Marescaux-Tytéca
    Béatrice Marescaux-Tytéca

    Très admirative du travail que vous faites tous les deux, par votre complicité vous réalisez de magnifiques oeuvres.
    Bravo et je suis heureuse d’être votre amie.
    Bises Betty

  2. Très jolie étiquette. Bravo une fois de plus !
    La faille dans une famille = on pourrait aussi l’écrire la fa(m)ille…
    Et l’oubli , source d’oubli et de mémoire : Ah, je comprends, mais l’oubli n’a pas été retenu malheureusement pour le mélimélo. Ces mots vous paraissent obscurs ? Allez plutôt voir « au bout de la rue » ce qui peut se cacher.

  3. Avatar de Ronde-Oustau
    Ronde-Oustau

    Exceptionnel pour un sculpteur de « façonner  » un vin, comme pour la poétesse de « publier » un poème sur la « dive bouteille  » sous le regard d’Auguste.
    Merci de me garder un carton de 6 bouteilles que je commande par mail dans la foulée.
    Bravo à vous et excellente présentation le 25.
    Amitiés
    Bernard et Heather

  4. Avatar de Isabelle Solvet
    Isabelle Solvet

    Félicitations pour cette belle étiquette qui réunit trois talents autour d’un précieux produit.
    Isabelle Solvet (Editions Auzas)

  5. Avatar de Gilles
    Gilles

    Certainement un cépage exceptionnel . L’initiative est belle, la curiosité faisant partie de nous, est une excuse exquise a la découverte pour m’absenter de mes occupations journalières.
    Le voisin que je suis sera la a partir de 19h30.

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