Dix ans de réhabilitation d’un atelier de sculpture et de poésie

Il y a dix ans, le 21 septembre 2013

Nous avons rendez-vous avec le propriétaire. L’endroit se trouve à quelques minutes de ma maison, où je donne des cours de sculpture, à côté des voies ferrées. Depuis des années je passe devant ces deux hangars géants, avec une cheminée cassée au premier plan, et je me dis que ce serait l’espace idéal pour un sculpteur, à cause de l’immensité des surface, de l’isolement par rapport à la ville, et du chaos apparent de ces bâtiments industriels désaffectés, car cela permettait de travailler la pierre librement. Ce qui attire la Poétesse, au contraire, ce sont les beaux arbres majestueux, la rivière, le calme et la sensation de se trouver en pleine campagne. Le monde industriel et la nature en harmonie ! 

Nous nous entendons parfaitement bien avec le propriétaire. Avant de connaître les conditions, nous sommes déjà d’accord pour louer un espace dans le bâtiment. Le reste est secondaire. Une amitié est en train de naître. Ce que nous avons représenté pour lui à ce moment ? Peut-être que nous répondions à son souhait d’apporter une nouvelle direction à la vie de cet ancien fleuron industriel, vers la création. 

L’espace est inhabitable : pas de fenêtres, pas de portes, juste des planches de bois qui condamnent les ouvertures. Des pneus, des matériaux de construction, des bidons d’huile, une couche épaisse de poussière, de déchets des pigeons qui volent dans le bâtiment, parmi d’autres oiseaux et d’autres animaux (qui ne volent pas). Des affaires abandonnées de squatteurs (qui craignent de se faire voler par d’autres squatteurs : nous trouvons un carton avec le message : « Touche pas à mes affaires ou t’es mort »), le vent qui passe entre les planches de bois, le bruit fort de la chute d’eau de la rivière, juste à quelques mètres. 

Le paradis à nos yeux ! Il suffit juste d’un peu de travail et l’endroit sera parfait. Les semaines passent et nous dégageons petit à petit un espace. Notre « proprio », Bernard, nous aide constamment à retaper le futur atelier d’art. Nous passons des heures parfois à travailler ensemble. Sans nous en rendre compte, un jour la Poétesse et moi nous trouvons déjà en train de créer des œuvres à fond, malgré le manque d’eau chaude, de cuisine, d’isolation et d’autres éléments du confort moderne, qui mettront quelques années à arriver. Le comble de celui-ci est représenté par notre lave-vaisselle, installé il n’y a pas longtemps. Nous l’appelons Marilyn, même s’il est moins galbé, un peu plus carré. Carrément carré, plutôt. Marilyn nous libère des heures pour notre travail. 

Dix ans plus tard, l’atelier fonctionne parfaitement bien, mais nous savons qu’il faut aller plus loin : nous souhaitons faire de cet endroit un centre d’art et d’artisanat d’art , qui permettra l’installation d’artisans d’art, la réception de séminaires, de conférences, d’activités créatives. Qui fera rayonner Muret comme une ville culturelle d’exception. 

Je découvre, le jour même où j’écris ce texte, un article sur la réhabilitation de la minoterie de Poustagnacq. Elle a fait partie du patrimoine de mes ancêtres pendant cent vingt ans . Mon arrière-grand-oncle Auguste Lartigue a été pendant trois décennies le maire de Saint-Paul-lès-Dax, dans les Landes. L’ancienne minoterie Poustagnacq est en train de suivre le même destin que la Briqueterie Rondé-Oustau : elle va être réhabilitée en Maison des Arts, à l’initiative de la mairie ! 

Moulin à Saint Paul-les-Dax de la famille Lartigue
Patrimoine de mes ancêtres LARTIGUE

2 réponses

  1. Avatar de Antonio Garza Cánovas
    Antonio Garza Cánovas

    Extraordinary effort and achievement by human beings pursuing what their heart calls for!!! I can’t wait to be there for the grand opening!

    1. Avatar de GERARD LARTIGUE
      GERARD LARTIGUE

      We’ll publish every step of this project and we hope we’ll see you soon at the opening. Thanks for such a positive message !

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