Sculpture sur marbre à Saint-Béat (récit d’un symposium, jour 2)

Article par Juliette Demarbre

Ce matin, les Pyrénées à Saint-Béat ressemblent aux Vosges natales de mon père, telles qu’elles se profilent dans mes souvenirs. Le gris pâle et l’ardoise dominent. Les nuages dévalent les montagnes au ralenti, nous envahissant en silence. La brume noie les sommets, comme on dit dans les romans, ou plutôt « les sommets sont noyés de brume », la forme passive mettant l’accent sur ces fameux sommets qui semblent beaucoup plus bas qu’hier.

10h30. Les cloches voisines retentissent avec au moins trois ou quatre tonalités différentes. Ce n’est pas un enregistrement, comme dans tant d’églises désormais ; on voit de petites cloches frappées sur le côté, qui se balancent. Avec le bruit des outils des sculpteurs, voilà ce que ça donne :

Quelques Saint-Béatais se dirigent vers l’église. La consigne pour les sculpteurs : « Pas de disqueuse pendant la messe. » Une heure plus tard, au sortir de l’église, les fidèles repassent devant l’œuvre, observant de loin.

Il faut pourtant beaucoup, beaucoup de bruit de machines fabriquées par l’homme, pour extraire de la pierre une figure silencieuse.

Gérard se détend un instant :

« Ça y est, la sculpture commence à devenir vivante. Jusqu’ici, je ne l’avais pas encore ressentie. Je me disais : si ça se trouve, c’est un oiseau qui est pris dans ce marbre, pas une femme. »

Gérard

« C’est le meilleur moment, me dit Marie Penetro, la présidente de l’association Marbre et Arts. On voit l’expression commencer à se dessiner. La personne est là, elle sort de la pierre. » Marie est peintre figurative, admiratrice des œuvres de la Renaissance.

Juliette Demarbre

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